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Un plafonnement des "niches fiscales"

Une première tentative avait avorté à l'occasion de la loi de finances pour 2007, retoquée par le Conseil constitutionnel pour cause de complexité excessive. Cette fois c'est la bonne : la loi de finances pour 2009 instaure un plafonnement global de certains avantages fiscaux en matière d'impôt sur le revenu . Leur effet sur l'impôt dû sera plafonné à la somme de 25.000 euros plus un montant égal à 10% du revenu imposable servant de base au calcul de l'impôt sur le revenu du contribuable. Les avantages concernés sont :

  • l'amortissement des régimes "Robien" et "Borloo"
  • et tous les crédits et réductions d'impôt sauf, concernant plus spécifiquement l'immobilier, le crédit d'impôt pour l'acquisition de certains équipements de l'habitation principale.

Sont donc pris dans le calcul du plafonnement notamment les réductions d'impôt au titre des investissements dans :

  • l'immobilier de loisir
  • la réduction d'impôt au titre des investissements dans des résidences hôtelières à vocation sociale
  • les réductions d'impôt au titre des investissements réalisés outre-mer (sous les réserves mentionnées ci-dessous)
  • le crédit d'impôt pour dépenses d'équipement de l'habitation principale en faveur du développement durable (sauf pour certains équipements)
  • le crédit d'impôt pour primes d'assurance contre les loyers impayés dans le cadre de la GRL (garantie des risques locatifs),
  • ainsi que le crédit d'impôt au titre des intérêts d'emprunt supportés pour l'acquisition ou la construction de l'habitation principale.

Les réductions d'impôt dont la création est proposée par d'autres amendements au projet de loi de finances pour 2009, telles que :

  • la réduction d'impôt se substituant au régime Malraux 
  • la réduction d'impôt ouverte à certains loueurs en meublé non professionnels sont également incluses dans le champ du plafonnement. 
  • Par contre, l'avantage en impôt procuré par l'imputation sur le revenu global des charges et de la fraction supérieure à 10.700 euros des déficits fonciers afférents à des immeubles classés monuments historiques, inscrits à l'inventaire supplémentaire ou ayant fait l'objet d'un agrément ministériel qui ne sont pas ouverts au public seront pris en compte pour l'appréciation du plafond.

 


Du nouveau pour le crédit d'impôt au titre des intérêts d'emprunt

Le bénéfice du crédit d'impôt créé par la loi "TEPA" du 21 août 2007, lorsqu'il s'agit d'un logement acquis neuf ou en état futur d'achèvement, est restreint aux logements présentant des caractéristiques thermiques et une performance énergétique conformes aux prescriptions de l'article L111-9 du Code de la construction et de l'habitation. En fait, celles de la "réglementation thermique" en vigueur (actuellement la "RT 2005). Par ailleurs, le taux du crédit d'impôt est doublé (40% au lieu de 20%) pour les logements correspondant aux normes du label "bâtiment basse consommation énergétique, BBC 2005", dont la consommation énergétique (chauffage, éclairage, etc) ne dépasse pas 50 kWh par mètre carré et par an. Cette dernière disposition vient d'être précisée par un décret du 2 janvier 2009.

Le crédit d'impôt pour le développement durable retouché et étendu aux bailleurs

Le dispositif de crédit d'impôt pour les travaux d'économie d'énergie dans la résidence principale est prorogé jusqu'au 31 décembre 2012. Avec des plafonds de dépenses maintenus à 8.000 euros pour un célibataire et le double pour un couple. Son bénéfice est étendu aux locataires, ainsi qu'aux propriétaires bailleurs, personnes physiques, effectuant des aménagements dans un logement achevé depuis plus de deux ans et qu'ils s'engagent à louer à titre de résidence principale pour une durée de cinq ans. La limite du plafond de dépenses pour ces derniers est fixé à 8.000 euros par logement pour la période allant du 1er janvier 2009 au 31 décembre 2012. Toutefois, au titre d'une même année, un propriétaire-bailleur peut bénéficier du crédit d'impôt pour trois logements au plus, soit un plafond total de dépenses de 24.000 euros. En revanche, les dépenses pour lesquelles le bailleur bénéficie du crédit d'impôt ne seront pas déductibles de ses revenus fonciers...

A noter que les chaudières basse température et les pompes à chaleur air/air sont désormais exclues de ce régime. Par contre, les frais de diagnostic de performance énergétique ouvrent désormais droit au crédit d'impôt (un diagnostic tous les 5 ans), de même que les dépenses afférentes à la pose de matériaux d'isolation thermique des parois opaques.

Les avantages fiscaux "Girardin", "Malraux" et monuments historiques retouchés
La loi de finances pour 2009 prévoit en outre :

- la somme des réductions d'impôt sur le revenu tirées des deux dispositifs Girardin (immobilier et industriel), ainsi que les reports de réductions permis dans le Girardin industriel, ne pourront excéder un montant de 40.000 euros au titre d'une même année d'imposition. Par contre, l'avantage retiré au cours d'une année par des investissements Girardin, soumis au plafond, est pris en compte à concurrence de 40% pour le calcul du plafonnement global des avantages fiscaux ;

- la transformation en réduction d'impôt de la déduction sur le revenu global accordée au titre des opérations de restauration "Malraux" ; le taux de réduction est de 30% du montant des dépenses de restauration en ZPPAU et 40% en secteur sauvegardé ; par ailleurs, la durée de la location obligatoire est portée de 6 à 9 ans ; par contre, l'avantage fiscal est étendu aux locaux affectés à un usage autre que l'habitation, notamment professionnel ;

- la restriction des conditions de déduction des dépenses effectuées sur les monuments historiques : la loi de finances limite notamment la déduction de son revenu global par le propriétaire d'un immeuble classé "monument historique" de 100 % des dépenses occasionnées par sa restauration (y compris les intérêts d'emprunt), aux cas où le monument est ouvert à la visite du public pendant au moins 40 jours par an, de juillet à septembre. Elle n'autorise désormais la déduction que de 50% de ces dépenses si le monument n'est pas ouvert au public ; par ailleurs, le bénéfice de cet avantage est désormais subordonné à une obligation de conservation de l'immeuble pendant une période d'au moins 15 ans à compter de son acquisition...

 


 

• Les lois de finance 2006 et 2007 ont modifié le barème de l'impôt sur le revenu.

- Împôt sur le revenu sur revenus perçus en 2007
- Plafonnement du quotient familial

•  Impôt sur les revenus perçus en 2007 

• Revenus perçus en 2007
(Loi de Finances 2008)

  Revenus (en Euros €) Tranche Marginale d'Imposition
  De   5 687 à 11 344         5,5 %
 De 11 345 à 25 195        14  %
 De 25 196 à 67 546        30  %
  Supérieur à  67 546         40  %

• Plafonnement du quotient familial
• Les tableaux ci-dessous indiquent, pour un certain nombre de cas, les limites du revenu global imposable à partir desquelles, compte tenu de votre situation et de vos charges de famille.

• Plafonnement général
• L’avantage en impôt résultant du quotient familial est plafonné :
- à 2 227 € pour chaque demi-part
- à 3 852 € pour la part correspondant au premier enfant, ou à 1 926 € pour la demi-part correspondant à chacun des deux premiers enfants, à charge des contribuables célibataires, divorcés ou séparés qui élèvent seuls leurs enfants.
• Pour les personnes divorcées ou séparées, la limite de 2 227 € est divisée par 2, soit 1 113,50 €, pour chaque quart de part au titre des enfants dont la charge est également répartie entre les parents

• Plafonnements spécifiques
• Sont fixés :

- à 855 € le plafond de l'allégement d'impôt qui résulte de la demi-part supplémentaire dont bénéficient les contribuables célibataires, divorcés, séparés ou veufs qui, vivant seuls et n'ayant plus de personne à charge, ont élevé un ou plusieurs enfants nés avant 1980 

- à 630 € la réduction d'impôt à laquelle donne droit toute demi-part plafonnée à 2 227 € et accordée en raison d'une situation particulière (invalidité, notamment).
Pour ces personnes, l'avantage total en impôt est donc porté à 2 857 € par demi-part. Si ces personnes sont divorcées ou séparées, la réduction d'impôt est égale à 215 par quart de part plafonné à 1113,50 € (soit 2 227 € / 2) et l'avantage total en impôt est égal à 1 428,50 €.

- Impôt sur le Revenu sur revenus perçus en 2006
- Plafonnement de certains avantages fiscaux

• Impôt sur les revenus perçus en 2006

• Revenus perçus en 2006
(Loi de Finances 2007)

  Revenus (en Euros €) Tranche Marginale d'Imposition
      De   5 615 à 11 198           5,5 %
    De 11 199 à 24 872         14  %
    De 24 873 à 66 679         30  %
    Supérieur à  66 679          40  %

• L'abattement de 20 % cesserait de s'appliquer aux salaires et pensions et aux revenus des indépendants ayant adhéré à un centre ou une association de gestion.
Les effets de l'abattement de 20 % seraient intégrés dans le barème, ce qui implique de nombreuses adaptations pour les revenus qui n'en bénéficiaient pas jusqu'à présent.
• Plafonnement de certains avantages fiscaux - revenus perçus en 2006
• le Conseil constitutionnel a censuré le dispositif de plafonnement des niches fiscales à 8 000 € par foyer "en raison de son excessive complexité".
Le gouvernement dispose d'une année pour "mettre en place un nouveau dispositif simple et lisible de la limitation des avantages fiscaux particuliers".

- Impôt sur le Revenu sur revenus perçus en 2005

- Historique des barèmes 

• Impôt sur les revenus perçus en 2005

• Revenus perçus en 2005
(Loi de Finances 2006)

 

 Revenus (en Euros €)
 Tranche Marginale d'Imposition
 Moins de 4 4120              0 %
 de 4 412 à 8 677 6,83 %
 de 8 677 à 15 274           19,14 %
 de 15 274 à 24 731         28,26 %
 de 24 731 à 40 241         37,38 %
 de 40 241 à 49 624         42,62 %
 plus de 49 624                48,09 %

 Historique des barèmes
 
• Revenus perçus en 2004

Revenus (en Euros €)
 Tranche Marginale d'Imposition
Moins de 4 334             0 %
de 4 334 à 8 524  6,83 %
de 8 524 à 15 004  19,14 %
de 15 004 à 24 294  28,26 %
de 24 294 à 39 529 37,38 %
de 39 529 à 48 747 42,62 %
plus de 48 747 48,09 %

• Revenus perçus en 2003

Revenus (en Euros €)
 Tranche Marginale d'Imposition
Moins de 4 262  0 %
de 4 263 à 8 382  6,83 %
de 8 383 à 14 753  19,14 %
de 14 754 à 23 888  28,26 %
de 23 889 à 38 868  37,38 %
de 38 869 à 47 932  42,62 %
plus de 47 932 48,09 %

• Revenus perçus en 2002

Revenus (en Euros €)
 Tranche Marginale d'Imposition
Moins de 4 191  0 %
de 4 192 à 8 242  7,05  % 
de 8 243 à 14 506  19,74 %
de 14 507 à 23 489  29,14%
de 23 490 à 38 218  38,54% 
de 38 219 à 47 131  43,94%
plus de 47 131  49,58%


 •  Les déficits fonciers

• Type de déficit

Ce sont les déficits relevant de la catégorie des revenus fonciers. 

- Imputation du déficit
- Limite d'imputation
- Déficit reportable
- Déficit reportable
- Régimes particuliers
- Code général des impôts

• Imputation du déficit

• Lorsqu'un déficit est constaté sur un bien immobilier, il est en premier lieu imputé sur les autres revenus fonciers du contribuable.

La partie restante est alors imputable sur le revenu global du contribuable, et ce, dans la limite du plafond de déficit déductible.

Exemple : 

L’année N, un contribuable constate un déficit foncier sur son appartement Robien de 17 000 €. Il possède par ailleurs un autre investissement locatif, générant un revenu annuel de 10 000 €. Il devra donc en premier lieu imputer le déficit de 17 000 € du Robien sur son autre revenu foncier de 10 000 €, puis imputer le solde (soit 7 000 €) sur son revenu global.

• Limite d'imputation sur le revenu global

• Les déficits fonciers qui résultent des dépenses déductibles autres que les intérêts d'emprunts sont imputables sur le revenu global dans la limite annuelle de 10 700 €. Cette limite étant portée à 15 300 € lorsque le contribuable constate, pour une année déterminée, un déficit sur un logement pour lequel il pratique la déduction de l'amortissement "Périssol" (CGI art. 156-I-3°).
Cette limite, appréciée par déclaration de revenus, est globale pour tous les immeubles et parts de sociétés possédés par un même contribuable et les membres de son foyer fiscal.

•  Déficit reportable

• La fraction des déficits qui excédent cette limite ou bien qui résulte des intérêts d'emprunt est exclusivement imputable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes (CGI art. 156-I-3°; doc.adm. 5D 3121-34 à 37).

• Revenu global insuffisant

• Si le revenu global est insuffisant pour absorber le déficit foncier imputable, la partie non imputée est alors imputable sur le revenu global des six années suivantes.

• Régimes particuliers

• Dans certains cas, les déficits fonciers sont imputables sur le revenu global sans limitation de montant.
Il en est ainsi des déficits provenant :
    - de dépenses autres que les intérêts d'emprunt réalisées en vue de la restauration d'un immeuble bâti situé en secteur sauvegardé ou assimile (loi Malraux).
    - des charges afférentes aux immeubles historiques productifs de revenus.
• Voir aussi : Fiscalités, Résidence ZRR, Investissements outre-mer


 

• CUMUL DES REDUCTIONS D'IMPOT DIRECTES

• Les réductions d’impôt s’imputent, à concurrence d’un montant déterminé, sur l’impôt calculé.
Le montant des réductions d’impôt ne peut pas excéder le montant de l’impôt dû et ne peut pas donner lieu à remboursement.

Nous ne traitons pas ici des réductions d'impôt autres que celles découlant d'un investissement locatif
- RTC en ZRR
- loi Girardin
- Code général des impôts

• Investissements locatifs de tourisme (RTC en ZRR)

• La réduction d’impôt est accordée en cas d’acquisition d’un logement neuf ou en l’état futur d’achèvement, au titre de l’année d’achèvement du logement ou celle de son acquisition si elle est postérieure.
Au cours de la période 1999-2010, il ne peut être opéré qu’une seule réduction d’impôt à la fois.
On ne peut pas bénéficier de deux réductions la même année : c'est au contribuable de choisir la plus avantageuse.
Mais un même contribuable réalisant plusieurs investissements peut bénéficier successivement de plusieurs réductions d’impôt.
 
• Investissements outre-mer (loi Girardin)

• La réduction d’impôt est accordée l’année d’achèvement de l’immeuble, ou de son acquisition si elle est postérieure, ou de l'année d'achèvement des travaux de réhabilitation ou encore de l’année de souscription des titres ; la période d’imputation de la réduction d’impôt est de 5 ans.
Le cumul de plusieurs réductions d'impôt accordées par la loi Girardin est possible.
Le cumul de plusieurs réductions d'impôt accordées par la loi Girardin et d'une réduction d'impôt ZRR est possible.
 

 

 
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